Les employeurs sont peu au courant de leurs obligations, en matière de handicap

17 mai 2018

Une entreprise sur quatre déclare ne pas connaître les implications de la loi, d'après un baromètre Kantar TNS réalisé pour le salon du Handicap qui ouvre ce lundi. La dernière loi sur le handicap au travail date de 2005. Pourtant, elle reste méconnue par une part non négligeable des employeurs.
 
Selon un baromètre réalisé par l'institut Kantar TNS pour le Club Etre à l'occasion du Salon du handicap qui ouvre ses portes ce lundi, une entreprise sur quatre déclare ne pas connaître les implications de ce texte. Celui-ci a maintenu les obligations d'emploi à 6 % de salariés en situation de handicap pour les entreprises de plus 20 salariés et a prévu des sanctions plus strictes pour celles qui dérogent à cette obligation, notamment l'augmentation de la contribution à l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des handicapés).
 
Un sujet non prioritaire
 
Le sujet n'est clairement pas jugé comme prioritaire dans les entreprises. Pour preuve : 80 % des employeurs interrogés consacrent moins de 5 % de leur temps à la question du handicap. Il n'est pas étonnant dans ce cas qu'ils soient près de 70 % à éprouver des difficultés à recruter des travailleurs handicapés et 64 % à reconvertir ou maintenir dans l'emploi leurs propres salariés handicapés.
Le plus délicat pour les décideurs interrogés est d'arriver à trouver des candidats ayant les compétences attendues. Mais le manque de moyens humains dans l'entreprise pour traiter ce sujet est jugé comme un frein important par 71 % d'entre eux. La différence entre les petites et les grandes entreprises est importante sur ce point : dans les entreprises de plus de 250 salariés, 38 % des sondés (qui sont des responsables RH pour la plupart) allouent plus de 20 % de leur tempsà la question du handicap.
Les entreprises interrogées demandent prioritairement une simplification des démarches administratives et un assouplissement du cadre légal. Elles devraient être en partie exaucées puisque la secrétaire d'Etat en charge des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, a prévu de simplifier au minimum la déclaration d'emploi. Une disposition qui doit être prise dans le cadre de la loi Pacte de Bruno Le Maire.
 
Une meilleure solidarité
 
Si 57 % des sondés estiment que d'autres priorités prennent souvent le pas sur leur politique en faveur du handicap au travail, ils sont pourtant 76 % à estimer que s'investir sur le sujet améliore la solidarité au sein de leur entreprise, et renforce le sentiment d'attachement des salariés (54 %). Pour un décideur sur quatre, la politique handicap contribue même à l'amélioration des performances de l'entreprise.